Trois dates par an rythment le quartier. Les règles et usages locatifs vaudois fixent les termes usuels au 1er avril, au 1er juillet et au 1er octobre, chaque fois à midi. Dans un ensemble où des centaines de logements relèvent des mêmes conditions de location, ces trois échéances ne se répartissent pas : elles se cumulent. Plusieurs ménages du même corps de bâtiment partent et arrivent le même matin, et le point de saturation n'est pas la rue mais l'ascenseur.
Le régime du logement subventionné explique aussi pourquoi on déménage ici. L'accès dépend de conditions de revenu, de fortune et de taux d'occupation, c'est-à-dire du rapport entre le nombre d'occupants et le nombre de pièces. Pour les logements à loyer abordable, le taux considéré comme adéquat va d'une à deux pièces pour une personne seule, de deux à trois pièces pour deux personnes, de trois à quatre pièces pour un couple avec un enfant et de quatre à cinq pièces pour un couple avec deux enfants ou davantage.
Ces conditions s'accompagnent d'obligations durables : le logement doit être occupé à titre de résidence principale, la sous-location est interdite et constitue un motif de résiliation, et tout changement du nombre d'occupants doit être annoncé au bailleur dans le mois qui suit. Beaucoup de déménagements d'ici sont donc des transferts internes, décidés par un agrandissement ou une réduction de la famille, avec un volume qui change dans le même mouvement.
Notre organisation part de là. Avant de fixer une date de terme, nous demandons combien d'autres ménages de la même entrée déménagent ce jour-là, et nous réservons un créneau d'usage de l'ascenseur plutôt qu'une journée entière. Quand deux mouvements sont annoncés dans la même entrée, mieux vaut décaler d'une demi-journée que se croiser avec deux armoires.
Le stationnement obéit à une frontière peu visible sur le terrain : la réservation de places par la Ville ne porte que sur des places balisées au sol du domaine public. Les voies internes qui desservent les entrées ne relèvent pas toutes de ce régime. Là où elles sont privées, l'interlocuteur n'est pas l'administration mais la gérance ou la coopérative, et l'autorisation d'y poser un véhicule se négocie avec elle, en amont.
Dernier point, souvent oublié le matin de la remise : les clés. Le locataire doit rendre toutes celles de l'objet, y compris celles qu'il a fait confectionner, sans pouvoir prétendre à une indemnité. Un logement en compte ici plusieurs : porte palière, box de cave, boîte aux lettres, locaux communs. En cas de perte, le remplacement incombe au locataire, mais les frais de changement de cylindre de la porte palière ne lui reviennent que s'il s'agit d'une serrure de sécurité.