La forme du quartier impose un point de passage obligé : le mobilier arrive sur le trottoir avant d'arriver dans le camion. Or toute intervention sur le domaine public, y compris un dépôt ou une installation posée sur, sous ou au-dessus de la voie publique, exige un permis d'utilisation temporaire délivré avant le début de l'occupation. Ce n'est pas la même démarche que la réservation de places : on peut avoir l'une sans l'autre, et il faut souvent les deux.
Les délais de cette autorisation se lisent à l'envers de ce qu'on imagine. La demande se dépose au minimum dix jours ouvrables à l'avance auprès de l'Inspection des chantiers, par courriel. Un préavis de 48 heures suffit pour une occupation simple ou touchant des horodateurs, tandis qu'une fouille, un échafaudage ou des places de parc réservées demandent six jours. La décision tombe dans un délai maximum de deux jours ouvrables, mais c'est le dépôt qui est long, pas la réponse.
La pièce déterminante du dossier est le plan d'installation. Il doit indiquer la dimension du trottoir et de la chaussée restante ainsi que les mesures de sécurité prévues. Autrement dit, la place laissée aux piétons se dessine et se justifie à l'avance : le trottoir n'est pas une zone tampon où l'on entrepose des meubles en attendant le prochain voyage.
Notre manière de travailler ici découle de cette règle. Nous ne constituons pas de tas devant l'entrée : le mobilier sort par séquences et rejoint le véhicule sans étape intermédiaire, ce qui demande plus de coordination mais évite d'occuper le passage public. Quand une installation est réellement nécessaire, le plan est déposé avec la demande et nous nous y tenons, y compris sur la largeur laissée libre.
Le requérant reste seul responsable du respect des conditions d'usage du domaine public, et tout changement de date ou de dimension doit être annoncé sans attendre. C'est la raison pour laquelle nous n'avançons pas une intervention de quelques jours pour arranger un calendrier : un permis porte sur une date et des cotes précises, pas sur une intention.
À cela s'ajoute une incertitude à surveiller sur les deux axes principaux du secteur. Un projet de bus à haut niveau de service est à l'étude entre le centre-ville et Bellevaux, par la rue de la Borde et la route d'Aloys-Fauquez, avec des voies réservées, la priorité aux carrefours et des trottoirs élargis. Le tracé et les arrêts ne sont pas encore définis précisément. Nous revérifions l'état des chantiers sur ces deux rues avant chaque intervention plutôt que de nous fier à un repérage ancien.