Chauderon est autant un ouvrage d'art qu'un morceau de ville. Le pont élevé en 1904 et 1905 par Eugène Monod et Alphonse Laverrière développe 250 mètres sur six travées de 28,75 mètres, à une hauteur comprise entre dix et quinze mètres au-dessus du sol, et un tunnel routier passe sous la place elle-même. Ces deux emprises portent du transit permanent et ne se prêtent à aucune immobilisation de véhicule.
Le sous-sol de la place est occupé depuis longtemps. La station Lausanne-Chauderon du chemin de fer Lausanne-Échallens-Bercher y est enterrée depuis le 5 novembre 1873 ; elle a été le terminus lausannois de la ligne jusqu'en 2000, quand un prolongement en tunnel a reporté ce terminus au Flon. On y accède par un passage piétonnier public reliant les côtés nord et sud de la place. Pour une équipe qui porte des charges, cette liaison souterraine ne remplace pas une traversée de surface : le point de dépose doit se trouver du même côté que l'entrée de l'immeuble.
Le régime de circulation du secteur est par ailleurs à la veille d'un changement. La mise en service du tramway entre Lausanne-Flon et Renens est annoncée pour la fin 2026, et la fermeture de l'axe Chauderon vers Saint-François au trafic individuel motorisé doit suivre dans les semaines qui viennent après, l'axe étant réservé aux bus, aux bus à haut niveau de service et à la mobilité douce, avec une priorisation des bus attendue au premier trimestre 2027. Des exceptions sont prévues pour certaines catégories d'usagers, dont les livreurs.
Notre règle ici consiste à ne jamais travailler depuis l'axe, mais depuis une rue latérale. Nous cherchons celle qui dessert la même adresse avec le moins de circulation, quitte à rallonger le portage, et nous y demandons la réservation de cases quand des places sont balisées au sol. Cette démarche s'adresse à l'Inspection des chantiers et des dégâts au mobilier urbain, se dépose au moins sept jours ouvrables avant, et donne lieu à une redevance.
Le nombre de manoeuvres est le second levier : sur un carrefour de cette importance, chaque marche arrière se paie en minutes d'attente et en risque. Nous établissons au repérage un itinéraire d'entrée et un itinéraire de sortie distincts, et nous plaçons le camion dans le sens du départ dès l'arrivée.
Enfin, nous ne comptons pas sur l'exception « livraison » pour entrer dans un axe fermé. Un déménagement n'est pas assimilé d'office à une tournée de livraison : l'autorisation se demande nommément à l'Office de la circulation et du stationnement, rue Saint-Martin 31, dès que la date est connue. Nous revérifions ensuite le régime de circulation avant l'intervention, puisqu'il évolue au rythme du chantier du tram.