Sur la colline de la cathédrale, un déménagement ne se mesure pas en mètres mais en marches. La liaison la plus directe entre la place de la Palud et le parvis, les Escaliers du Marché, compte 177 marches de bois doublées d'une ruelle pavée d'une raideur peu commune, dans la forme que lui ont donnée les travaux de 1717 à 1719. Aucun mobilier ne descend par là. Le premier travail consiste à trouver, pour l'adresse concernée, le point carrossable le plus haut et le plus proche.
L'accès motorisé à la colline tient à quelques entrées : la rue Cité-Devant et la rue Cité-Derrière au nord, l'avenue de Menthon à l'est, la rue Saint-Étienne et la rue Louis-Auguste-Curtat au sud. La rue Pierre-Viret, ouverte en 1911 dans le prolongement du pont Bessières, a coupé en deux la rampe des escaliers, dont la continuité a été rétablie par un passage souterrain en 1975. Ces quelques entrées portent tout le trafic de service du quartier.
Une partie du secteur est passée en zone piétonne après un essai lancé à la mi-août 2020, puis pérennisé. Cette qualification change la nature du problème : le stationnement n'y est autorisé qu'aux endroits désignés par des signaux ou des marques, et un véhicule ne circule que si une plaque complémentaire l'y autorise, à l'allure du pas et en laissant la priorité aux piétons.
La conséquence est nette. La réservation de cases auprès de la Ville suppose des places balisées au sol devant l'adresse ; là où le marquage n'existe pas, la démarche n'a pas d'objet. C'est l'autorisation de parquer hors des cases, ou de stationner en zone piétonne pendant les heures de livraison, qui s'applique, et elle se demande à l'Office de la circulation et du stationnement, rue Saint-Martin 31.
Le pavé et la pente commandent la méthode. Une roulette de diable qui roule bien sur un trottoir lisse se coince entre deux pavés, et une charge lourde tirée en descente demande deux personnes en retenue. Nous fractionnons les charges, nous montons des sangles pour les pièces longues, et nous comptons ce dernier tronçon comme une étape à part entière.
Le monte-meubles, qui règle bien des situations ailleurs en ville, se pose rarement ici : il lui faut une emprise stable au sol et une trajectoire dégagée jusqu'à la fenêtre, deux conditions que des ruelles bordées de maisons mitoyennes réunissent peu. Quand la configuration s'y prête, l'engin relève du permis d'utilisation temporaire du domaine public, à demander au moins dix jours ouvrables avant.