Malley est en train de recevoir ses habitants, et pas un par un. La Tilia Tower, élevée d'environ 85 mètres sur vingt-six niveaux avec une structure hybride bois et béton, met à disposition 222 appartements du studio au quatre pièces et demie, dont dix-neuf logements d'utilité publique, avec des remises échelonnées à partir du 15 mai 2026. Du côté de l'avenue du Chablais, les emménagements d'un autre ensemble de Central Malley ont commencé en janvier 2026, après l'achèvement d'une tour de brique rouge à l'automne précédent.
Ce rythme change la nature du problème. Dans un secteur où les arrivées se comptent par dizaines sur quelques semaines, la ressource rare n'est ni la place de parc ni l'équipe, c'est l'ascenseur. Une cabine mobilisée une demi-journée pour un logement en immobilise l'usage pour tout un immeuble, et les créneaux s'attribuent longtemps à l'avance. Nous demandons ce créneau à la régie dès que la date de remise des clés est connue, avant même d'arrêter la composition de l'équipe.
La desserte accompagne cette densification. Le tramway entre Lausanne-Flon et Renens traverse le secteur, aux côtés de la halte ferroviaire de Prilly-Malley et du métro, ce qui explique la forme du quartier : rues et places redessinées pour la mobilité douce et les transports publics, avec peu d'espace laissé au stationnement de longue durée en surface.
Un déménagement en tour se calcule en rotations de cabine, pas en allers-retours de camion. Nous relevons les dimensions intérieures de l'ascenseur, la hauteur de la porte et la charge admise, puis nous fixons la taille des lots en fonction. À vingt étages, l'escalier n'est pas une solution de rechange : ce qui ne passe pas dans la cabine doit être démonté, et cette liste s'établit au repérage, pas devant la porte.
Au pied de l'immeuble, la question est celle du point de dépose autorisé. Les abords ont été dessinés pour le piéton, le vélo et le bus, et la place de livraison prévue au plan n'est pas forcément la plus proche de votre entrée. Nous convenons de l'emplacement avec la gérance, et lorsque l'emprise se fait sur le domaine public communal, nous engageons la demande auprès de la commune concernée, en précisant le gabarit du véhicule et la durée réelle d'occupation.
Le périmètre reste par ailleurs un chantier vivant. Des emprises se déplacent d'une phase à l'autre, des rues encore ouvertes au repérage peuvent être barrées quelques semaines plus tard, et les cheminements provisoires changent de tracé. Nous refaisons donc un point d'accès dans les jours qui précèdent l'intervention, systématiquement, plutôt que de nous fier au plan validé un mois plus tôt.